ANNEQUIN 

au fil du temps...  

ANNEQUIN du XVème au XVIIIème siècle

 

Entre 1425 et 1550, nous ne disposons que de peu d’informations sur Annequin et ses seigneurs. Nous pouvons simplement les citer. Le fils de Philippe du Bos, Jean II du Bos vécut 71 ans (1425-1496). Puis Jean III du Bos lui a succédé jusqu'en 1501. Anne du Bos a ensuite bénéficié de la seigneurie jusqu'à sa mort en 1516. C’est alors Antoine du Bos (dit Antoine de Fiennes) qui en est le propriétaire jusqu'en 1537. Enfin, Charles du Bois en devient le seigneur jusqu'en 1550, et Eustache de Fiennes lui succède.
Si les sources restent maigres, elles nous ont permis de découvrir qu’Eustache est aussi comte de Chaumont, vicomte de Fruges, baron d'Elnes, et seigneur d'Esquerdes. Converti au calvinisme, il prend part aux troubles qui secouent l'Artois dans le dernier tiers du XVI° siècle. Il est parmi les chefs des gueux (protestants) qui soutiennent le prince d'Orange contre l'Espagne (catholique) qui détient notre région par héritage de Charles Quint. En 1577, Eustache de Fiennes est meneur du parti orangiste à Saint Omer, et en 1578, il participe aux tentatives calvinistes de prise de pouvoir à Arras. Ces tentatives échouent et le conduisent devant le Conseil des troubles qui le condamne au bannissement et à la confiscation de ses biens, dont la seigneurie d'Annequin. Il meurt en 1596, et son fils Guislain vend la seigneurie, une dizaine d'année plus tard, à Maximilien du Chastel.
Maximilien du Chastel, chevalier, seigneur de Blangerval, Rolleghem, Labourse, Colonel d'infanterie, gouverneur et grand bailli d'Audenarde, achète la seigneurie d'Annequin en 1606 et celle de Noyelles-les-Vermelles deux ans plus tard. Il meurt en 1625.
Puis Annequin passe aux mains de Jérôme-Philippe du Chastel jusqu'en 1666 ; François-Guilbert-Joseph du Chastel en est l'héritier et meurt en 1723 sans descendance. C'est son frère, François-Guilbert-Joseph Louis qui lui succède mais il meurt de la suette en août 1723, et est inhumé dans la chapelle de St Jean-Baptiste de l'église d'Annequin.
Hubert-François-Marie Albérique succède lui aussi à son frère, mais il ne profitera de la seigneurerie que pour une très courte durée, puisqu'il meurt également de la suette le 25 décembre de la même année. 

 

La guerre de trente ans  

 

Depuis 1493, l'Artois est sous domination autrichienne et espagnole. Par héritage, Charles Quint destiné à régner sur la région, devient roi d'Espagne et empereur du Saint Empire Romain Germanique. Il dispose donc d’un ensemble de territoire qui encercle la France et représente une menace. Les "Pays-Bas" (formés des Pays-Bas actuels,de la Belgique, et de notre région) sont alors possessions espagnoles. L'administration ibérique très catholique s'est vite attiré les foudres des populations et des princes protestants de Hollande et de Flandre. En revanche, les territoires catholiques dont Annequin fait partie, ont plutôt soutenu les espagnols.
Charles Quint, affaibli par la vieillesse et la maladie, abdique au profit de son fils, Philippe II. Une farouche opposition est alors née entre la France et l'Espagne qui toute deux souhaitent établir leur hégémonie sur l'Europe. En 1635, l'inévitable se produit, la guerre éclate entre Philippe IV d'Espagne et Louis XIII. Les affrontements gagnent l'Artois (Saint Omer) en 1638. Au cours de l'hiver 1640, les français lancent des attaques aux environs de Béthune. Mais c'est en 1641, que la guerre provoque le plus de dommages. Les français sillonnent l'Artois, pillent et incendient les villages qu'ils traversent. L'armée française, sous les ordres de Meilleraye, s'empare de La Bassée le 26 août 1641. Les troupes qui participent à ce siège, stationnent dans les villages d'Auchy, de Cambrin, et d'Annequin. Notre village souffre de cette guerre. D'ailleurs, entre septembre et décembre 1641 les habitants de Festubert, Cuinchy, Cambrin, Annequin, Noyelles, Vermelles, Sailly, et Mazingarbe voient leurs villages dévastés, et se réfugient pour la plupart, à Beuvry moins exposée aux mouvements des troupes.

 

En 1643 et 1644, le théâtre de la guerre s'éloigne un peu. Mais le répit est court, puisque dès 1647 la guerre est là à nouveau. Les espagnols dirigés par l'Archiduc Léopold reprennent Lens, le 16 juin. Tandis que du côté français, le Maréchal Gassion s’empare de La Bassée et part assiéger Lens qui se rend le 3 octobre aux français. Mais les espagnols contre attaquent et reprennent la ville quelques jours plus tard. La détresse des paysans est extrême avec le va et vient continuel des troupes, la majorité des terres sont rendues incultivables et il ne reste plus une maison debout à une lieue à la ronde de Cambrin. Il faut souligner que les artésiens ne voyaient certainement pas tous d'un bon œil les attaques françaises. La grande majorité d’entre eux sont catholiques et donc farouchement opposés aux protestants. Or, les français soutiennent financièrement et militairement les princes protestants dans la lutte contre la puissance espagnole. Pour Richelieu, la raison d’Etat étant supérieur à la question des religions, il n’est pas contradictoire de favoriser les révoltes protestantes contre l’administration espagnole catholique, pour affaiblir cette dernière. Ainsi, Richelieu aurait dit que les artésiens étaient « plus espagnols que les castillans ».

Parallèlement aux pillages et aux ruines, il faut ajouter un nouveau fléau : la peste.
La victoire de Lens par l'armée du Prince de Condé le 20 août 1648, et le traité de Westphalie mettent fin à la guerre de trente ans. Un tiers des habitants de Beuvry sont morts durant ces années de guerre, alors que ce village semblait moins exposé. C'est une proportion encore plus forte de la population d'Annequin qui a du disparaître. Les paysans ont sûrement souffert plusieurs années des conséquences de cette guerre.

 

La guerre de succession d'Espagne

 

Un demi-siècle plus tard, les combats reprennent. Cette fois, la guerre oppose la France et l'Espagne à une coalition européenne, de 1701 à 1714. Cette campagne est la dernière grande guerre de Louis XIV, elle a permis à la France d'installer un monarque français à Madrid. Rappelons que, de nos jours, cette dynastie règne encore en Espagne.
Le 1er novembre 1700, Charles II, roi d'Espagne, meurt sans successeur. Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France (Bourbon) et celle d'Autriche (Habsbourg), toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent le trône.
Mais le roi d'Espagne, mourrant, lègue sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV. Ce dernier est, en effet, par sa mère Anne d'Autriche, petit-fils du roi Philippe III d'Espagne, donc cousin germain de Charles II. Philippe qui n'a alors que 17 ans, rejoint Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V.
L’Angleterre et les Pays-Bas, craignant la nouvelle puissance de la France alliée à l'Espagne, forment en 1702 la Grande Alliance avec la Prusse, l'Autriche, le Piémont et le Portugal.
A cette époque la limite entre Flandres et Artois part de la manche, suit l'Aa jusqu'à Saint Omer, le canal neuf fossé entre Saint Omer et Aire sur lys, la Lys jusqu'à Estaires, d'Estaires au bas-Cuinchy. Il s'agit d'une zone caractérisée par ses marais et terrains humides. Le seule zone fiable qui permet une attaque de Lille vers Arras (ou vice-versa) est comprise entre Cambrin et La Bassée, en terre ferme sur une sorte de plateau.
En 1702, Annequin compte alors 68 feux, soit 245 habitants, un château fort et sa ferme appartenant à la famille du Chastel de Blangerval, et un moulin à blé.
Après la perte de la Belgique par les armées de Louis XIV, les alliés (hollandais et anglais) se trouvent à Warneton et lancent des attaques jusque devant Arras. La Bassée est occupée par les alliés. Mais les français avant de se retirer prennent soin d’emporter ou de détruire tous les grains et fourrages de la région entre Lens, La Bassée, et Béthune. Dès 1707, les alliés font subir aux populations de nos villages un certains nombres de réquisitions et servitudes. En 1708, ils pillent les villages sans scrupules. Pendant tout l'automne la contrée est livrée aux brigandages. Les habitants se réfugient à Béthune ou Beuvry derrière les marais. Le 27 Octobre 1708, le curé de Cambrin, Delerue écrit : « ne pouvant sortir pour les courses journalières des hollandais en ce quartier, n'ayant oser sortir de Béthune où j'étais réfugié à raison des mauvais traitements que l'on recevait tous les jours des troupes hollandaises et anglaises ... ». La situation à Annequin est identique.
A la fin novembre 1708, les alliés quittent La Bassée que les français réoccupent pour s'opposer à une invasion de l'Artois venant de Lille. La trouée Cambrin-La Bassée est donc verrouillée et en décembre les troupes françaises cantonnent à Annequin et Cambrin.
Le Maréchal Villars, dans les premiers mois de 1709, établit une ligne fortifiée joignant Béthune à Pont à Vendin, en utilisant en partie les marais d'Annequin, de Cambrin, et de Cuinchy. Des hommes du village sont ainsi réquisitionnés pour aider à l'édification. Mais cette ligne fortifiée ne sera pas d'une grande utilité puisqu'au début du mois de mai 1710, les alliés investissent Douai et prennent nos fortifications à revers. Dès lors, l’ennemi à le champ libre et prend Béthune le 15 juillet. Notre région est alors aux mains des hollandais jusqu'à la Paix d'Utrecht, en 1713, qui rend l'Artois à la France. Pendant toutes ces années la misère est extrême. A toutes ces souffrances vient s'ajouter une épidémie, en 1709-1710, qui touche toute la France, et dont les symptômes évoquent le scorbut.

 

Carte ancienne du plat pays, non datée, sans doute du XVII°  ou XVIII° siècle. 

Le château d’Annequin

 

Dès la fin du XIVème siècle, les reliefs des fiefs tenus du bailliage de Lens signalent les « créteaux » du château d’Annequin. Au sud du village, il était construit entre deux bras de la rivière de Bray ou Haut courant dont l’un avait sans doute été creusé artificiellement pour alimenter ses douves. En 1570, il comprenait digues, viviers, basse-cour et jardinages sur une superficie de trois mesures (1 ha 20).
En 1729, le rapport de Masse, ingénieur du roi, le dit « situé dans une plaine où il passe un courant d’eau considérable. Ce château est un donjon carré, flanqué par quatre grosses tours rondes enceintes d’un fossé revêtu, plein d’eau et une basse-cour fort grande. Il y a derrière un jardin assez joli et un bois, le tout entouré de fossés, pleins d’eau ».
Au XVIIIème siècle, château, ferme, basse-cour occupent 10 mesures (4 ha).
En 1814, on le décrit « entouré d’eau et flanqué de quatre grosses tours rondes, la principale est rarquable par son antiquité, par l’épaisseur de ses murs et ses machicoulis… L’entrée de ce château est étroite mais précédée d’une vaste basse-cour dont l’entrée a de l’élégance » (Annuaire statistique du Pas-de-Calais 1814, p. 207).
Vendu par les héritiers de la famille seigneuriale en 1820, le château est alors rasé. Une tradition déjà connue au milieu du XIXème siècle veut que le château ait été l’enjeu d’une partie de cartes entre vendeur et acquéreur et que celui-ci ait utilisé un jeu de glaces pour voir les cartes de son adversaire.

(Château au début du 18ème siècle) 

Les « Morlots » d'Annequin

 

Une nuit, dit la légende, les habitants d'Annequin ont fauché toutes les récoltes du seigneur, ce qui leur valut le nom de « Morlots ».
L'origine de ce nom n'est pas typiquement annequinoise. Pour comprendre ce surnom, il faut savoir qu'à la fin du XVII° siècle (1689), la prévôté de Berclau intente un procès aux habitants qui refusent de payer la dîme sur le colza. En 1702, la prévôté publie un « Mémoire contre les « morlots », perturbateurs du repos public à Illies, Sainghin, Berclau, Hantay … Il s'agit de bandes formés 7 ou 8 ans auparavant quand l'abbaye obligea par procès les habitants de ces lieux à payer la dîme du colza. A Illies, cette bande donne à son chef le nom de « Morlot» ou « Mourlot », tire des coups de fusil contre les fermiers de la dîme et le curé, fauche ou brûle le colza, coupe les jarrets et langues des bestiaux, parcourt les rues travestie et masquée, et jette partout l'épouvante » … « c'est un mal qui se communique d'une ville à autre, ce sont des gens sans foy, ni loy, leur insolence se fortifie par leur confiance dans leurs armes à feu … ».
Ces petites jacqueries persistent de nombreuses années. En 1723 encore, une nouvelle bande « mène grand vacarme toutes les nuits, a casser les vitres du curé, faucher le lin, …, boucher le puits du curé de Violaines avec de la courte paille ». Ce n'est qu'en 1738 que se termineront les procès intentés à ce sujet.
A Annequin, le dictionnaire historique du Pas-de-Calais signale « l'espèce de révolte qui se manifesta dans plusieurs villages en 1740. Au mois de juillet de cette année un certain nombre de paysans d'Annequin et de Cambrin, auxquelles se joignirent les mauvais sujets des villages voisins s'attroupèrent sans autre but déterminé que de causer du désordre à l'instigation des frères d'Assignies d'Annequin … ». C'est très certainement par analogie avec les perturbateurs d'Illies qu'on dénomma ceux d'Annequin, les « Morlots ». Ces résistances des paysans aux seigneurs et aux abbayes, l'aide même qu'ils trouvaient auprès de leurs curés, sont certainement les germes de la Révolution de 1789.

Les d'Assignies, seigneurs d'Annequin

 

Marie-Philippe-Albérique Duchastel épouse François-Eugène d'Assignies, chevalier, seigneur de Verquin, qui meurt en 1731, et qui est inhumé dans le chœur de l'église d'Annequin. Leur fils, Charles-François-Florent d'Assignies, meurt à 36 ans en 1753. Il est inhumé dans le cimetière d'Annequin. Une dalle à sa mémoire se trouvait dans la chapelle seigneuriale. Sa veuve, Marie-Madeleine-Joseph-Alexandrine de Tramecourt se remarie en 1769 avec Jacques-Louis-Alexandre, baron de Grimaldi, chevalier de l'ordre de St Louis, lieutenant et commandant pour le roi des villes et châteaux de Béthune. Le tronçon de la rue des messes, compris entre la nouvelle route royale (RN 41) et le château (situé derrière l'église), actuellement rue Roger Salengro, témoigne de ce mariage. Jusqu'au début du XX° siècle, la rue portait le nom de « pavé Grimaldi ». Mort à Béthune en 1778, le baron est inhumé à Annequin.
L'année suivante, sa veuve convole en troisième noce avec le comte Ange-François de Beaulaincourt, commandant pour le roi à Béthune. Ce fut un mariage de courte durée, puisque la comtesse meurt quatre ans plus tard, mais de cette union est né le dernier seigneur d'Annequin : Une fille. Marie-Françoise-Constance-Antoinette d'Assignies est en effet la dernière à porter ce titre, car le mécontentement perceptible depuis plusieurs années éclate. La Révolution de 1789 met fin au régime monarchique et aux privilèges de la noblesse. La "citoyenne Dassignies" est arrêtée le 16 janvier 1794 sur ordre du Comité de surveillance de Béthune. Elle est libérée peu de temps après, et meurt à Lille le 14 juillet 1805.

 

Vers 1770, le curé d'Annequin écrivait : « Annequin est la plus pauvre paroisse du diocèse ». A cette époque il existait deux dictons évocateurs :
• « Inne grande marmite avec rien d'ins »
• « Annequin les bousates » qui traduisait le mauvais état des routes.
Pour leur part, les beuvrygeois traitaient les habitants d'Annequin de "Pieds décaux", c'est à dire, que ceux-ci étaient déchaussés et qu'ils marchaient pieds nus.
En 1790, Annequin compte 490 habitants.

(Carte de Cassini- fin du XVIII° siècle) 

LA PREMIERE ASSEMBLEE COMMUNALE APRES LA REVOLUTION

 

La commune, collectivité territoriale de base dans l’organisation administrative française, est apparue progressivement en France.
La naissance du mouvement communal remonte au XIème siècle. Au XIIème siècle, le maire fait son apparition. Le mot « maire » trouve son origine dans le Polyptique d’Iminon, ouvrage de droit d’un Abbé de Saint Germain des Prés au IXème siècle, qui emploie le mot « maior » quand il parle du représentant du domaine. C’est lui qui administre le village pour le compte du seigneur. Selon l’époque et les lieux, on parlera de pairs, d’échevins ou de conseillers. Sous l’Ancien Régime, le maire avait pour tâche de lever les impôts dus au seigneur et à l’Etat, ainsi que d’organiser les corvées. En ce qui concerne l’état civil, il revenait au curé de recenser les naissances, les décès et les mariages dans la paroisse, car tous ces évènements se déroulaient à l’église.
La vie dans la commune va ainsi devoir s’organiser. En effet, dès lors que la commune est reconnue juridiquement et politiquement, il lui restait à se doter d’organes pour la représenter.
En 1790, un statut de la commune est fixé avec précision et le maire se voit confier une double fonction : gérer la commune, représenter au mieux les intérêts de l’Etat. Cette dernière fonction est allée de pair avec la laïcisation de L’Etat. C’est ainsi que lors des élections municipales, les bureaux de vote ne se tiennent plus dans les églises, mais dans les cabarets…
A Annequin, à la suite des élections du 10 février 1790, l’assemblée communale du 12 novembre 1790 se tient en la maison d’Antoine Broutin, cabaretier, afin de répondre au questionnaire envoyé à toutes les communes du département en 1790.
Extraits de cette assemblée :
« Assemblée en la maison d’Antoine Broutin, cabaretier. Explication préalable par Augustin Fr. Machu, mandaté par les « anciens officiers municipaux » du lieu. Formation du bureau :
-Président : François Bourgeois
-Secrétaire : Pierre Jos. Macquart
-Scutateurs : Michel Ducrocq ; Philippe Roussel ; Louis Dusautoir.

- Biens communaux : une portion de marais de 18 mesures environ faisant partie d’un marais commun avec Vermelles et Cambrin à usage de pâturage. La communauté avait aussi un droit d’usage, 3 jours par semaine, sur une partie du marais de Sailly.
- Charges : 15 livres, pour chaque vingtième. Dettes : 6000 livres, pour frais d’un ancien procès, payées à l’acquit de la communauté par « le seigneur et dame du lieu » ; les frais d’un autre procès soutenu au Conseil d’Artois et au Parlement de Paris pour obtenir le partage du marais.
- Ni compte, ni caisse.
- Pas de procès en cours.
- Population : 460 habitants.
Hommes : mariés ou veufs - 106 ; célibataires de plus de 18 ans : 50.
Femmes : mariées ou veuves - 112 ; célibataires de plus de 18 ans : 16.
Enfants de moins de 18 ans – 176, dont 99 garçons et 77 filles.
- Organisation de la garde nationale de la commune : pas de garde organisée. « On a cependant fait la garde en différents tems lors qui a été ordonné ou que l’on a trouvé convenable, on a aussi nommé des députés pour la fédération du Pas-de-Calais et pour le 14 juillet dernier ».
-Etat des différents chemins sur le territoire de la commune : Le grand chemin de Béthune à La Bassée et celui de Béthune à Lens traversent le territoire. Il y a aussi plusieurs chemins de traverse, dont les trous seraient à combler, ainsi que ceux des rues du village.
- Deux ponts sur les grands chemins.
- Pas de moulin.
- Une église paroissiale.
- Curé : Charles Nicolas Estevez, 75 ans environ, dans la paroisse depuis 26 ans, auparavant curé de Saint-Remy pendant trois ans.
- Etat de la Fabrique de la paroisse :
Revenus : 260 livres environ ;
Charges : « couverture (de l’église), charpente, cloche, linge, ornement, blanchissage de linge, pain, vin, luminaire, rétribution d’obit, etc. ».
Pas de dettes.
Dernier compte rendu le 7 octobre 1788.
Rien en caisse.
- Eglise fort ancienne et à réparer : plancher, lambris, plâtrage des murailles.
- Presbytère : construit il y a 40 ans environ, a aussi besoin de réparations.
- Table des pauvres :
Revenus : rendage des terres – 224 livres.; « sourente » - 24 livres 15 sous; une rente sur les Etats d’Artois au cours annuel de 94 livres.
Charges : 4 livres 12 sous pour obits et recommandations des fondateurs.
Paiement du chirurgien qui panse les malades et distributions aux pauvres par le receveur selon les mandats expédiés par la municipalité.
Dernier compte rendu le 17 octobre 1788 par Jean- Baptiste Boullengé, receveur.
Rien en caisse. »